L’HUMAIN INITIATEUR DE CHANGEMENT

Dans un contexte, où les nouvelles technologies, les grands bouleversements de la société, de l’entreprise nous obligent à des changements accélérés, l’humain paraît en perte de vitesse pour opérer les mutations qui s’imposent à lui.

 

Depuis l’aube de l’humanité, l’être humain a opéré des changements pour assurer sa survie et celle de l’espèce. Ne s’est-il pas adapté aux multiples mutations de son environnement ? N’a-t’il pas été jusqu’à opérer des modifications morphologiques ?

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Ensuite sa curiosité l’a toujours poussé à voir plus loin. Voir ce qu’il y a derrière la montagne, ce qui se cache par-delà les mers, découvrir si l’herbe est plus verte par-delà la prairie, ainsi il a colonisé la planète.

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Enfin son imagination a fait le reste. Elle lui a permis de se dépasser, d’inventer des armes pour se protéger, pour chasser, de devenir cultivateur pour ne plus dépendre du bon vouloir de la nature, de devenir constructeur pour se protéger sans attendre de trouver un abri de fortune…

Répondant ainsi à son besoin de sécurité, il a mis toutes ses capacités en œuvre pour changer et s’adapter.

Bien évidemment, ces changements se sont opérés sur des millénaires, sa survie même était en jeu, devenir plus malin et plus agile signifiait préserver l’espèce…

Aujourd’hui, l’humain est confronté de plus en plus fréquemment à des changements drastiques simultanément dans tous ses domaines de vie.

Pour exemple au niveau professionnel, selon une étude (1) effectuée par EMPREINTE HUMAINE avec son partenaire IFOP en 2016 sur un panel de 1044 personnes travaillant en entreprises publiques et privées de plus de 500 salariés, il apparaît qu’au cours des trois années précédentes : 93 % ont vécu au moins un changement professionnel, 61 % ont vécu 5 changements professionnels ou plus

Ces multiples changements ont pour conséquences l’effondrement des repères. L’obligation à changer s’impose, l’humain résiste.

Il y a fort à parier que derrière cette résistance se cache un furieux besoin d’assurer sa survie.

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Voilà que ce fameux besoin lui dit STOP.

 

Il a peur du lendemain, peur de perdre ce qu’il a, peur des turbulences et de l’avenir qui se dessine sans qu’il en perçoive les contours.

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Rosabeth Moss Kanter (2) -professeur en management des entreprises à la Harvard Business School- considère que les personnes résistent au changement pour des motifs naturels et prévisibles, comme :

  • la peur de perdre le contrôle,
  • l’incertitude quant aux issues du changement,
  • parce qu’elles estiment manquer d’information quant au motif du changement,
  • à cause de la confusion qui apparaît lorsque trop de changements sont conduits simultanément et viennent ainsi rompre les habitudes et les routines,
  • pour ne pas avoir à perdre la face ou apparaître stupide lorsque les changements engagés viennent remettre en cause ce qu’elles faisaient précédemment.

QUEL MESSAGE AUJOURD’HUI ?

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Il FAUT changer, l’imposition fait foi de loi.

Change.

Change...

CHANGE !

 

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Les tentatives de persuasions pullulent, les entretiens en entreprises, les formations, les colloques, les conférences de tous poils, l’information diffusée dans l’ensemble des médias… tentent d’insuffler la volonté de changement.

 

L’imposition n’est apparemment pas la meilleure méthode pour favoriser le changement, pas plus que ne l’est la persuasion.

Kurt Lewin (3) -psychologue américain d’origine allemande spécialisé dans la psychologie sociale et le comportementalisme- démontre que l’entretien individuel ou la propagande de masse favorise la résistance au changement car elle laisse l’individu dans une situation solitaire et psychologiquement isolé. Selon Lewin, ces résistances tiennent plus à des facteurs collectifs tels que la peur d’être écarté du groupe, qu’à des facteurs individuels et rationnels. À l’inverse, la discussion et la prise de décision en commun vont permettre d’augmenter l’implication des individus. Cette implication peut alors susciter un mouvement collectif de changement des comportements des individus au sein du groupe.

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Chercher des solutions en commun, les normes du groupe changent et permettent à l’individu d’accepter les mutations nécessaires à la survie du groupe, de la société, de l’entreprise…

L’humain doit être impliqué, engagé à construire lui-même le changement. Il est impératif qu’il en comprenne l’utilité afin d’obtenir son adhésion.

Changer pour changer n’est pas dans la nature humaine car le changement c’est avant tout une rupture, un tournant, un deuil à faire du passé, de ce que l’on connaît et maîtrise. Il est important de ne pas mépriser cette donnée car sans mettre en œuvre le processus de deuil et le mener à son terme aucun changement durable n’est possible.

La résolution du deuil se fait par étapes successives qu'Elisabeth Kübler-Ross -Psychiatre et psychologue, pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes
en fin de vie-
appréhende de la façon suivante : le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l'acceptation.

Pour accepter la rupture, l’humain doit en comprendre l’objectif. Il faut donc qu’il donne du sens au changement.

Bruno Jarrosson (4) -consultant en stratégie, auteur de plusieurs ouvrages sur le changement- dit : Tout changement vise à conserver quelque chose de plus précieux que ce que nous voulons changer.

  • Conserver n’a pour objectif que de pouvoir continuer à produire du changement
  • On ne peut pas « vendre » le changement si l’on ne dit pas parallèlement ce que l’on va conserver.

Ainsi, sachant ce qu’il va pouvoir conserver de précieux pour lui ou percevant le bénéfice qu’il peut en retirer, l’humain peut s’adapter, comme il l’a toujours fait au cours des millénaires.

Emile Coué (5) -père de la Pensée Positive- a émis le postulat suivant :
"contrairement à ce que l’on enseigne, ce n’est pas notre volonté qui nous fait agir, mais notre imagination."

et il nous enseigne que :

  • la première faculté de l’homme est l’imagination
  • quand il y a lutte entre l’imagination et la volonté, c’est toujours l'imagination qui l’emporte sans aucune exception.
  • lorsque la volonté et l’imagination sont en accord, elles font plus que s’ajouter, elles se multiplient.
  • que l’imagination peut être conduite.

Il peut imaginer ce que sera son existence une fois le changement opéré et mettre sa volonté en œuvre pour atteindre le futur prometteur. Il prend la mesure de ce qu’il y a d’enthousiasmant dans le changement.

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Documentation :

(1) Etude réalisée par EMPREINTE HUMAINE avec son partenaire IFOP : http://www.ifop.com/media/poll/3400-1-study_file.pdf
Extrait du programme ‘Réussir le changement’ de l’ESSEC - (2) MODULE 7 - ROSABETH MOSS KANTER - (3) MODULE 6 - Kurt Lewin - cours de Madame Isabelle Vandangeon-Derumez, Maître de conférences IAE Eiffel, Chercheur à la Chaire ESSEC du changement.
(4) Jarrosson Bruno vidéo : Changement et conservation 3
 https://www.youtube.com/watch?v=UNmoOTXSAh0
(5) Emile Coué : http://www.methodecoue.com/